lundi 20 mai 2013

Chap. 10 : Les mille et une vilenies DE…




                             

 

"Je fends l'armure …J'enlève le haut…et puis allez ... j'enlève aussi le bas !
Qui suis-je ?"


Dixième étape: "Le rêve du jaguar"


Ne pas me voir appelé pour être le sauveur de la droite Lyonnaise pour les prochaines élections municipales aura été une vraie trahison et même une sidération !

Allez comprendre : pour la présidence de l'UMP, Copé s'était imposé sans discussion dans le département du Rhône, je le concède, mais Fillon avait été préféré à Lyon. Et Fillon, c'était, c'est MOI !
Donc en toute logique Lyon devrait être pour moi !!!

Alors voir s'ajouter une humiliation au prix de la défaite de Novembre, trop c'est trop !

Ah si seulement j'avais pu appliquer avec Copé la technique de mise à mort du jaguar ! Cela aurait été simple, direct, efficace et sans retour !

Encore une chance que ma bonne étoile sœur Emmanuelle m'ait fait lever le lièvre qui avait pu ouvrir "la chasse au Copé" !
Je me suis bien un peu embrouillé dans ce qui a fait ma gloire. A un journaliste j'avais dit que «le lièvre avait été levé par pur hasard» : une petite ligne de résultats qui m'avait intrigué. Avec un autre c'était une «enveloppe fermée qui n'aurait pas été dépouillée».
Mais je ne vais pas chipoter sur des détails, l'essentiel c'était d'attaquer et d'attaquer encore puis de continuer pendant des semaines à asséner partout des contrevérités, jamais vérifiées par les journalistes qui étaient tous dans notre camp, en utilisant systématiquement des petites phrases lourdes de sens. Le tout avec d'autant plus d'aisance que nous avions leur oreille complaisante : ils nous avaient précédés dans "la chasse au Copé" une fois qu'ils s'étaient trouvés privés de " chasse au Sarko" et se réjouissaient sans doute de nous voir leur apporter gracieusement le concours de notre meute pour ouvrir la route et leur donner l'espoir de sonner avec nous l'hallali. 



"La bête" s'était montrée résistante et, même si j'en étouffe encore de rage contenue, je dois à la vérité de reconnaître que la victoire était bel et bien de son côté.

C'était une bien meilleure raison encore de vouloir l'abattre. Alors avec un usage immodéré de langage à double sens nous vous avons offert un florilège de phrases assassines en espérant encore sinon "tuer la bête" au moins l'affaiblir assez pour «négocier les postes» et «faire les petites enchères» que, grâce au soutien appuyé des médias, nous étions à même d'imposer contre toute démocratie. Notre suprême habileté aura cependant été de toujours dire "nous" comme si nous ne voulions ni stigmatiser nos adversaires ni les accabler car cela nous donnait toutes les apparences d'une humilité et d'une honnêteté sans faille.




Nous avions perdu la première manche mais nous avons joué la deuxième de main de maître, avec de vrais talents de comédiens et une hypocrisie au moins aussi vaste que la blessure béante de nos égos.

Qui veut atteindre le but à n'importe quel prix sait utiliser tous les moyens n'est-ce pas? Et dans mon cas un peu de honte est vite bue quand on a fait "servir les copains" et obtenu pour soi-même la vice-présidence.

D' autant plus que j'avais vite compris en le voyant agir avec la défaite en travers du gosier que Fillon n'était pas dimensionné et formaté pour occuper le poste de président de l'UMP. … Je n'étais même plus certain qu'il l'eût un jour réellement désiré. De fait pour lui comme pour moi le "ticket" de nos candidatures associées avait comme but de ratisser large en vue de 2017 tout en coupant les ailes de Copé et … celles de Sarkozy s'il lui prenait l'envie de sortir un jour de sa réserve.

Pour Sarkozy il y aura toujours un moyen de m'en rapprocher s'il retrouvait le devant de la scène ... On verra plus tard si nos prières sont inefficaces, mais les ailes de Copé nous avons réussi à les ronger …

Hélas, il semble qu'elles repoussent!

C'est bien pourquoi je tiens tant à me présenter à la présidence de l'UMP en Septembre prochain. Et quand j'entends que Le Canard Enchaîné porte sur la place publique les motivations profondes de Fillon pour me désigner comme son «successeur et représentant» à cette élection dans le seul but de nuire à Copé,  je m'en réjouis.

Dans le même temps je m'en inquiète car un homme averti en vaut deux. Et puis dévoiler ainsi les motivations qui nous portent ne va-t-il pas conduire trop de militants à ouvrir les yeux : «Le but n'est pas qu'il [moi] gagne, mais qu'il fasse le score le plus haut possible, au moins 40%, et surtout qu'il pousse Copé à faire une vraie campagne, qu'il l'emmerde, et qu'il le fasse souffrir.» ?

Enfin c'est fait, mais cela veut doublement dire qu'en 2017 …somme toute je ne dois rien à Fillon et je ne m'interdirai donc rien. D' autant plus qu'un ami (j'en aurais donc un ?), «homme de l'ombre de la droite» qui croit en mon avenir, m'a fait remarquer avec sagesse: «Ce qui vient d'arriver à Fillon est une excellente chose pour toi. S'il avait gagné triomphalement, tu n'aurais pas pu te présenter -fais le calcul- avant 2027 !»



 

Et à cela je ne peux qu'ajouter : "Quand on a goûté à la trahison, cela lève toutes les inhibitions et c'est comme si vous deveniez dès la première fois complètement "addict".



A vendredi pour l'ultime étape vers la victoire :

                                     "Les yeux d'Emmanuelle"

 

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1 commentaire:

  1. Cette fois c'est clair, c'est ce que j'avis compris !

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