dimanche 4 novembre 2012

« indécis et pesant, incertain et contradictoire »


C'est ainsi que Jean Jaurès jugea Louis XVI en 1900. Spontanément nous avions pensé à quelqu'un d'autre !

D'ailleurs le rapprochement entre Flamby 1er et Louis XVI a du sens.

Le tempérament de Louis Capet, éloigné des vertus de leader et de réformateur, n'a pas permis d'engager la France sur la voie de modernité et a conduit le royaume vers une crise politique, écono
mique et sociale qui participa à la naissance de la Révolution française.
Malheureusement pour lui, malgré le port du bonnet phrygien, sans doute pour apaiser par une image de "normalité" la colère du peuple, et les reniements des privilèges liés à sa fonction, il ne put sauver sa tête !

Où donc est notre Lafayette ?
 

LE SYNDROME DE LOUIS XVI

Pascal PERRINEAU est directeur du centre de recherches politiques de Sciences Po. Son diagnostic sur le premier semestre de la présidence Hollande est sans appel : « Il ressort que la malaise qui s’est installé en France depuis le 6 mai est lié à une triple déception : politique, économique et identitaire. »

En effet, pendant que le monde brûle, que l’Europ
e est empêtrée dans une situation inextricable et dangereuse, que la France subit depuis quatre ans une crise dramatique, l’ex président du conseil général de Corrèze se contente de déclarations d’intentions, part en vacances médiatisées, voyage de sommet en sommet, assiste sans réagir à l’anarchie gouvernementale et laisse faire un PS qui pond à la chaîne des gadgets sociétaux ineptes.

Le peuple n’a pas tardé à comprendre l’impéritie de cette présidence « normale » et, par ailleurs, a déjà condamné ce gouvernement cacophonique, aboulique, désordonné et impuissant à apporter la moindre solution aux maux que connaît notre pays, qui ne pourra demeurer longtemps le gouvernement de la France.

La rapide perte d’influence de François Hollande est particulièrement sévère dans les catégories populaires. Une telle chute de la confiance n’a jamais été observée dans toute l’histoire de la Vème république.

Le plus notable est que ce dévissage (selon Harris : une perte de 15 points de septembre à octobre !) est spectaculaire chez les salariés de la fonction publique, électorat traditionnel du PS. Logiquement, la chute atteint – 17% chez les travailleurs indépendants (artisans, commerçants, entrepreneurs).

Même les syndicats ne font plus confiance à François Hollande, comme le témoigne ce jeudi la « journée d’action » de la SNCF. A ce propos, on se souvient du mot d’André Frossard : « Je n’ai jamais très bien compris pourquoi une journée de grève s’appelle « une journée d’action » ! ». L’arrivée de nouveaux patrons à la tête de la CGT et de la CFDT va compliquer la vie au locataire de l’Elysée, lui qui a promis tout et son contraire pour être élu et qui s’est aventuré à donner des leçons de morale en matière de dialogue social…

Le leurre d’une présidence « normale » n’aura été qu’un pétard mouillé. Sans doute, le peuple français viendra un jour à pardonner les excès de l’hyperprésidence Sarkozy. En revanche, il ne supporte déjà plus les faux semblants, les indécisions, l’absence de courage de celui qui s’est paré de l’habit présidentiel, tel le geai paré des plumes du paon cher à La Fontaine. Seuls les cadres supérieurs, les bobos et les immigrés semblent se satisfaire de leur vote du 6 mai. C’est tout dire…

Un président, certes élu démocratiquement, mais qui doit sa victoire à la campagne de dénigrement systématique conduite contre son rival par la Gauche, le Front National et les médias. Il ne pouvait pas espérer une adhésion du peuple à la vacuité de son programme, émaillé du droit de vote des étrangers, du mariage gay et de l’embauche de milliers de fonctionnaires supplémentaires.

La mise place d’une fiscalité aberrante et confiscatoire rencontre l’opposition, voire la colère, des deux tiers des français. Les 35 heures et leur déni de la valeur Travail (valeur pourtant ancrée dans les milieux populaires), l’idéologie socialiste qui outrepasse le droit à la différence pour nous imposer des droits différents à qui bon leur semble, le délitement de la Nation, l’affaiblissement de l’autorité de l’Etat, sont autant de motifs d’opposition et de mécontentement de la part du peuple français.

Il est frappant d’observer à quel point aujourd’hui les socialistes et leurs alliés de circonstances méprisent le peuple et la Nation. Qui peut espérer démontrer que le peuple est associé à la vraie vie politique ? Le PS l’a totalement confisquée, tenant le peuple à l’écart et amusant le tapis avec ses pitoyables contorsions politiciennes. De même, la Droite parlementaire est-elle tétanisée par ses rivalités d’egos et ne saisit, pour s’opposer, aucune des nombreuses occasions que lui offre un gouvernement à la dérive.

Comment ne pas penser à Louis XVI, que tous les historiens considèrent comme un homme intelligent, ayant des idées de réformes pour la France, mais paralysé par son indécision, par son incapacité à décider, toujours en retard sur la marche des évènements tandis qu’un chef d’Etat se doit de les anticiper.

Comment ne pas penser à Louis XVI, soumis aux caprices de Marie-Antoinette, renvoyant et rappelant Calonne, puis faisant de même avec Necker, dont Mirabeau a dit : « le ministre actuel des finances n’est rien moins qu’en bonne intelligence avec l’Assemblée nationale. Il ne gouverne plus l’opinion publique. On attendait de lui des miracles et il n’a pu sortir d’une routine contraire aux circonstances ». Là, on penserait aussi à Pierre Moscovici !

Une crise politique majeure se prépare qui, d'une manière ou d'une autre, au détour d'un évènement ou d'un autre, devra être réglée par les urnes, faute de quoi ce sera l'ordre républicain qui sera mis en péril.


 Merci Volfoni !


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